

Ils sont posés dans l’entrée du restaurant « Mangia e talia », 71 rue Archimède à Bruxelles.
Ils m’avaient été commandés par le premier exploitant qui l’avait nommé « Mi figue, mi-raisin »mais je n’avais que des photos de détails ! Merci à celui qui les aphtographiées et me les a envoyées…
Leur conception est une longue histoire: je suis retournée dans l’antiquité grecque, romaine, indouiste, musulmane et biblique pour rechercher tout le symbolisme de ces deux fruits.
Le résultat est un mix de tout cela. Deux amis ont posé pour les personnages.
Le premier tableau représente Adam mangeant le fruit défendu qui devait être une figue et non une pomme. La figue représente la fécondité de par ses nombreux pépins, et le désir de la manger symbolise l’attraction de la connaissance et du pouvoir (braver l’interdit limitatif).
Le second tableau montre une Ève initiatrice, qui danse devant le feu purificateur en tenant la coupe remplie de vin : je pensais au vin de la messe chrétienne et celui chanté par Omar Khayam.
L’amour inconditionnel (l’Agapè des grecs) est la clef de la progression spirituelle qui transforme l’amour-attraction humaine en amour-Agapè.
On voit donc les flammes se transformer en clef et un serpent qui évoque la Kundalini indoue: elle représente la libération de l’énergie physique (couleur rouge du premier chakra) en sublimant les suivants les uns après les autres jusqu’au mauve de la spiritualité: c’est d’ailleurs un de mes thèmes récurrents.
Autour de chacune de ces deux images centrales, on a d’un côté des symboles de la virilité avec une exception: la gazelle (= la femme dans la tradition arabe) parce qu’on a tous les deux polarités en nous (cf les écrits de Jung). Chez la femme, des symboles féminins: l’amphore (le vide intérieur du Tao est « yin » qui contient la vie), l’eau également, la chouette malgré son féminin en français est plutôt un symbole masculin.
Les deux phrases en arabe dans le livre et l’amphore sont les dernières d’un poème de Ibn et Arabi, un sage soufi.
Ce poème est ma profession de foi:
« Mon cœur est devenu capable
D’accueillir toute forme.
Il est pâturage pour gazelles
Et abbaye pour moines !
Il est un temple pour idoles
Et la Kaaba pour qui en fait le tour.
Il est les tables de la Thora
Et aussi les feuillets du Coran !
La religion que je professe est celle de l’Amour,
Quelle que soient les directions que prennent ses caravanes,
L’Amour est ma religion et ma foi. »
À partir de ces deux phrases, un serveuse marocaine était arrivée à décoder tous les symboles représentés dans chaque partie des vitraux ! Il faut le faire !